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mercredi 21 novembre 2007

Ici c’est pas ailleurs, mais c’est quelque part quand même

Je viens de me trouver une nouvelle source préférée de trashitude : le journal Ici, publié par Quebecor World International Inc. Pour vous donner une idée, c’est comme le Journal de Mourial, mais c’est gratuit. Et vu que c’est gratuit, c’est encore plus cheap. Toujours est-il que le fun noir commence dès l’ouverture, peu importe par quelle bout on commence.

La table des « matières » nous permet de constater qu’une des trois chroniques traite des difficultés érectiles des auditeurs de Tout le monde en parle (qui passe à la SRC, donc chez des auditeurs qui bandent mou, alors que ceux qui regardent le Banquier sont tous des étalons du plaisir. Étalons dans le sens de point de repère. Mais aussi dans le sens de cheval. Ou de culotte de cheval. Anyway.). La chronique de François Avard parle de sa propre popularité. La chronique de Nelly Arcan parle de… c’est la chronique de Nelly Arcan, c’est impossible que je lise ça.

Les petites annonces érotiques sont un plaisir tout aussi intense. Je dois avouer que j’adore l’adjectif « fonctionnelle » qui est accolé à toutes les photos de transsexuelles montréalaises.

Et tout ça est distribué à 100 000 exemplaires.

vendredi 27 avril 2007

Lock-out chez Olymel : réplique sanglante du syndicat

Saint-Valérien-de-Milton, 27 avril 2007

AP

Les employés de l’usine Olymel de Saint-Valérien de Milton récemment mis en lock-out ont répliqué à leur employeur par un véritable coup de fronde : l’abattage et le découpage indépendant de porcs, dont les pièces de viande seront distribuées gratuitement tous les matins à la population de la région.

Temporairement hébergés dans un modeste abri tempo, une vingtaine d’employés s’affairent avec un enthousiasme visiblement nerveux à égorger porc après porc. Dans un autre coin, le découpage procède à vive allure alors que les entrailles s’accumulent un peu partout. Scène chaotique? Certainement, admet, Robert « Bob Boutch» Bouchard, chef du syndicat, mais « [le propriétaire Pierre-Karl] Péladeau veut la guerre, il va l’avoir ».

Outrés par la production continue assurée par les cadres et certains employés de l’abattoir de Montréal, les syndiqués ont décidé de prouver à la population que la qualité des jambons, côtes, longes, filets et autres pièces généralement appréciées du public sont le fruit de leur propre travail acharné, et non celui de l’équipe de direction.

Bien que la plupart des employés en lock-out travaillent à l’intérieur de l’abri du rang St-Ignace, l’approvisionnement difficile en bétail a forcé un certain nombre d’entre eux à se tourner vers le travail de terrain. Avec des moyens limités, tant aux niveaux technique que monétaire, ces égorgeurs professionels parcourent désormais la région à la recherche d’animaux domestiques à abattre. Faute de porcs, ils sont souvent réduits à abattre vaches, chèvres, et même, dans certains cas, chats et chiens. « Ce sang-là est sur les mains de Péladeau », clament-ils. « Mais la viande ira seulement dans la saucisse ».

Du côté de l’employeur, le seul commentaire rendu public consiste en un communiqué laconique qui précise avoir demandé l’avis d’un cabinet d’avocats afin d’évaluer la légalité du carnage, sans plus de détails.

La population, quant à elle, semble partagée devant toute cette production de viande. Germaine Lafleur, résidente de Saint-Valérien, assure encourager pleinement les syndiqués dans leur démarche sanglante. « Les rognons de Montréal mal découpés par [le boucher Richard] Martineau, ça ne m’a jamais intéressée de toute façon. Moi je veux des morceaux de viande d’ici », avance-t-elle. Par contre, son voisin Ron Dubois entend demeurer fidèle à Olymel : « Ça fait 23 ans que je mange des soucisses [sic] Olymel, je vais pas changer ça aujourd’hui à cause d’une bande de syndicalistes. »

Ironiquement, cette guerre intestine que se livrent syndicat et employeur risque de profiter à son plus proche concurrent, Saucisses Lafleur, qui a récemment pris la décision controversée de réduire le format et la variété du contenu des ses saucisses afin de cibler davantage la clientèle d’Olymel.

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